Sécurité sociale espagnole pour Français : la carte vitale, c'est la TSI
La carte vitale espagnole s'appelle TSI à Barcelone, pas SIP, et elle est gratuite. Documents, statut préalable, convenio especial à 60 €/mois, vérifié en septembre 2026.
Tout le monde arrive à Barcelone en cherchant « la carte SIP ». C'est le mot qui circule dans les groupes Facebook d'expatriés, et il est faux ici. SIP, c'est le nom valencien. En Catalogne, la carte de santé s'appelle TSI, Targeta Sanitària Individual, et c'est CatSalut qui la délivre. Deuxième correction du même ordre : il n'existe pas de « carte vitale espagnole ». La TSI ne rembourse rien, elle prouve que tu as droit aux soins publics et elle porte ton code d'identification personnelle.
On a refait le tour des textes officiels en septembre 2026 : formulaire de CatSalut, fiche du ministère espagnol de la Santé sur le convenio especial, pages ameli sur l'expatriation, fiche CLEISS du régime espagnol. Voilà le parcours réel, dans l'ordre, avec ce qui bloque vraiment.
Le nom de la carte
TSI (Targeta Sanitària Individual) en Catalogne — « SIP » est le nom valencien
Prix
Gratuite, envoyée par courrier postal par CatSalut
Où la demander
Au CAP de ton quartier, ou en ligne via le formulaire CatSalut
Documents
Pièce d'identité (DNI, NIE ou passeport) + certificat d'empadronament de moins de 3 mois
Préalable indispensable
Un statut : salarié, autónomo, retraité avec S1, ou convenio especial
Le conseil qui change tout
Demande ton S1 à la CPAM avant de quitter la France, pas après
Carte vitale espagnole, SIP ou TSI : ce que tu demandes vraiment
La confusion coûte cher en temps. Les trois mots désignent des choses différentes.
La carte Vitale est française et n'a aucune valeur ici. L'ameli demande même de la restituer, avec la carte européenne d'assurance maladie, quand on transfère sa résidence hors de France. La carte SIP existe, mais dans la Communauté valencienne. La TSI est celle de Catalogne : gratuite, sans date d'expiration dans le cas général, et valable uniquement dans le réseau public. Elle ne sert à rien chez un médecin privé.
Ce qui compte sur la carte, c'est le CIP, ton code d'identification personnelle. C'est lui qui t'identifie dans tout le système catalan, qui ouvre l'application La Meva Salut, et qui détermine ton niveau de participation en pharmacie. Aux urgences sans carte, on te soigne quand même : il faut juste présenter ta TSI après coup, sinon le séjour te sera facturé.
Notre choix : demande la TSI en ligne plutôt qu'au guichet. La demande validée te donne tout de suite un justificatif avec ton CIP, ce qui suffit pour prendre rendez-vous, alors que le créneau au CAP se négocie parfois à plusieurs semaines.
Le vrai préalable : avoir un statut, pas seulement une adresse
C'est là que la moitié des Français se plantent. Le padrón et le NIE ne donnent aucun droit aux soins. Ils sont nécessaires, jamais suffisants. Ce qui ouvre le droit, c'est un statut.
Salarié. Ton employeur t'affilie à la Seguridad Social dès l'embauche et tu obtiens un numéro d'affiliation. Le CLEISS rappelle que toute personne qui démarre une activité professionnelle doit demander ce numéro. Tes ayants droit sont couverts avec toi. C'est le cas le plus simple, et le plus rapide.
Autónomo. Tu t'inscris toi-même auprès de la TGSS au moment de déclarer ton activité. Si tu es sur le point de te lancer, on a détaillé les cotisations et les pièges dans notre guide pour devenir autónomo à Barcelone.
Retraité. Le formulaire S1, demandé à ta caisse française, se présente à l'INSS. Tu es soigné comme un local, la France paie. C'est le montage le plus confortable qui existe pour un Français en Espagne.
Sans activité. Le cas dur. Le ministère espagnol de la Santé prévoit le convenio especial de prestación de asistencia sanitaria : 60 € par mois avant 65 ans, 157 € à partir de 65 ans, à condition de justifier d'au moins un an de résidence effective et continue en Espagne. Le convenio couvre la médecine générale, les spécialistes, l'hospitalisation et le transport urgent, mais pas les médicaments en pharmacie de ville, qui restent à 100 % à ta charge.
Pour qui c'est fait : le convenio dépanne les inactifs et les jeunes retraités sans S1. La première année de résidence, il n'y a pas le choix, c'est l'assurance privée.
Ce que ça coûte, statut par statut
Le relevé ci-dessous vient des sources officielles consultées en septembre 2026. Les montants d'assurance privée sont donnés en ordre de grandeur : ils varient beaucoup selon l'âge et le niveau de garanties.
| Situation | Accès aux soins publics | Coût mensuel |
|---|---|---|
| Salarié | Oui, via l'employeur | Cotisation prélevée sur la fiche de paie |
| Autónomo | Oui, via la TGSS | Cotisation selon les revenus déclarés |
| Retraité avec S1 | Oui, à la charge de la France | 0 € |
| Inactif, 1 an de résidence, moins de 65 ans | Oui, convenio especial | 60 € |
| Inactif, 1 an de résidence, 65 ans et plus | Oui, convenio especial | 157 € |
| Inactif, première année en Espagne | Non | Assurance privée, environ 40 à 80 € |
Sur les médicaments, le système espagnol ne fonctionne pas comme le français. Pas d'avance de frais : tu paies directement une part réduite en pharmacie. Le CLEISS situe cette participation entre 40 % et 60 % selon les revenus, avec des règles plus favorables pour les retraités. En pratique, une ordonnance courante coûte quelques euros.
Comment ça se passe au quotidien, une fois la TSI en poche
Ton point d'entrée est le médico de cabecera, le généraliste rattaché à ton CAP. Pas de rendez-vous direct chez un spécialiste dans le public : il faut une derivació de ton généraliste. Les rendez-vous se prennent sur La Meva Salut, l'application de CatSalut, qui sert aussi à consulter tes résultats d'analyses et tes ordonnances.
Les délais sont le point faible. Chez le généraliste, ça va vite. Chez le spécialiste, l'attente se compte en mois selon la discipline, et c'est exactement ce qui pousse beaucoup de Français à doubler le public d'une mutuelle privée. On a comparé les contrats et les réseaux hospitaliers dans notre guide sur l'assurance santé privée en Espagne.
Si tu cherches un praticien francophone plutôt qu'une couverture, c'est l'autre sujet, et on l'a traité à part dans notre article sur les médecins à Barcelone.
Et si tu gardes un pied en France ?
Trois situations reviennent sans arrêt, et les règles ne sont pas les mêmes.
Tu t'installes et tu travailles en Espagne. Tu quittes le régime français : l'ameli est explicite, tu relèves obligatoirement du régime local du pays où tu travailles. Concrètement, tu rends ta carte Vitale et ta carte européenne d'assurance maladie à ta caisse, et tu déposes la déclaration de transfert de résidence hors de France dans le mois qui suit ton départ. Beaucoup ne le font pas et se retrouvent avec deux dossiers ouverts, donc avec des courriers de régularisation un an plus tard.
Tu vis en France et tu travailles en Espagne, ou l'inverse. C'est le cas frontalier, et c'est là que le S1 change de sens : il est délivré par l'assureur du pays où tu travailles, et il permet de te faire soigner dans ton pays de résidence aux frais de l'autre. Le montage tient debout, mais il se prépare avant, pas après le premier arrêt maladie.
Tu rentres en France un jour. Le retour se fait avec le formulaire S1106, qui rouvre tes droits français. Garde tes justificatifs d'affiliation espagnole : ce sont eux qui évitent le trou de couverture entre les deux régimes.
Notre choix : si tu n'es pas sûr de rester, l'adhésion à la Caisse des Français de l'étranger en plus du régime espagnol vaut le coup. Elle coûte cher, mais elle évite les trous de cotisation qui se paient à la retraite.
Les erreurs qu'on voit tout le temps
- Demander « la carte SIP » à Barcelone : on te comprendra, mais tu chercheras le mauvais formulaire sur le mauvais site. Ici, c'est TSI et CatSalut.
- Arriver sans S1 : la CPAM n'est pas rapide. Demande-le pendant que tu es encore en France, pas trois semaines après ton déménagement.
- Croire que le padrón suffit : il est exigé pour la TSI, mais il n'ouvre aucun droit à lui seul. Sans statut, pas de couverture. Le guide du padrón et celui du NIE restent les deux premières marches.
- Présenter un empadronament trop vieux : CatSalut exige un certificat de moins de trois mois. Un document de l'an dernier fait refuser le dossier au guichet.
- Compter sur le convenio especial dès l'arrivée : il demande un an de résidence effective. La première année, c'est assurance privée, sans exception.
- Oublier que le convenio ne paie pas la pharmacie : les médicaments de ville sont à 100 % à ta charge dans ce régime.
En résumé
À Barcelone, la carte de santé s'appelle TSI, elle est gratuite, et elle se demande au CAP ou en ligne avec une pièce d'identité et un empadronament de moins de trois mois. Le vrai obstacle n'est jamais la carte : c'est le statut qui la précède. Salarié ou autónomo, tout se fait presque tout seul. Retraité, le S1 règle la question. Inactif, il faut tenir un an en assurance privée avant d'accéder au convenio especial à 60 € par mois.
Si tu attaques les démarches en bloc, prends-les dans l'ordre du parcours administratif complet. L'équipe de Bonjour Barcelona raconte d'ailleurs très bien ce moment où tout s'empile dans l'épisode 4 du podcast.
Tu as vécu un cas qu'on n'a pas couvert, un refus au CAP, un S1 qui traîne ? Raconte-le-nous sur Instagram, on met cet article à jour régulièrement.
Questions fréquentes
- Comment obtenir la carte vitale en Espagne ?
- Il n'existe pas de carte vitale espagnole à proprement parler. L'équivalent en Catalogne est la TSI, la Targeta Sanitària Individual, délivrée gratuitement par CatSalut. Tu la demandes au CAP de ton quartier ou en ligne, avec une pièce d'identité (DNI, NIE ou passeport) et un certificat d'empadronament daté de moins de trois mois. La carte physique arrive ensuite par courrier à ton domicile.
- Quelle est la différence entre la carte SIP et la carte TSI ?
- C'est la même chose, mais pas dans la même région. SIP est le nom utilisé dans la Communauté valencienne. En Catalogne, donc à Barcelone, la carte s'appelle TSI et c'est CatSalut qui la délivre. Si tu demandes une carte SIP dans un CAP barcelonais, on te comprendra, mais le formulaire, le site et le numéro d'appel sont ceux de CatSalut.
- Comment s'inscrire à la sécurité sociale espagnole quand on est français ?
- Tout dépend de ton statut. Salarié, ton employeur t'affilie à la Seguridad Social et tu n'as rien à faire. Autónomo, tu t'inscris toi-même auprès de la TGSS au moment de déclarer ton activité. Retraité, tu présentes ton formulaire S1 à l'INSS. Dans les trois cas, tu obtiens un numéro d'affiliation, et c'est seulement ensuite que tu vas au CAP demander ta TSI.
- Comment obtenir le formulaire S1 pour l'Espagne ?
- Le S1 se demande à ta caisse française, CPAM ou caisse de retraite, avant le départ. Il atteste de tes droits et permet de te faire soigner en Espagne aux frais de la France. Il ne se demande pas au CLEISS, qui informe mais ne délivre rien. Compte large : l'ameli conseille aussi de rendre ta carte Vitale et ta carte européenne d'assurance maladie en quittant la France.
- Peut-on avoir la sécurité sociale espagnole sans travailler ?
- Oui, via le convenio especial de prestación de asistencia sanitaria, mais à deux conditions : justifier d'un an de résidence effective et continue en Espagne, et payer une cotisation mensuelle. Le ministère de la Santé la fixe à 60 € par mois avant 65 ans et 157 € à partir de 65 ans. Attention, ce dispositif ne couvre pas les médicaments délivrés en pharmacie de ville.
- Où faire sa carte de santé à Barcelone ?
- Au CAP, le Centre d'Atenció Primària qui correspond à ton adresse d'empadronament, ou dans celui que tu as choisi au titre de la libre élection. La demande se fait aussi en ligne via le formulaire de CatSalut. Pour un renouvellement, une perte ou une correction, tu peux passer par le 061 Salut Respon plutôt que de te déplacer.